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7 novembre 2012

Webinaire du Conseil canadien de la santé sur les programmes d’autogestion en ligne de maladies chroniques

En septembre dernier, nous avons diffusé un webinaire sur les programmes d’autogestion en ligne des maladies chroniques. Le Dr Bruce Beaton a animé la table ronde qui s’inspirait de notre récent rapport, intitulé Soutien à l’autogestion pour les Canadiens atteints de maladies chroniques : Point de mire sur les soins de santé primaires. À la suite du webinaire, certains participants avaient toujours des questions restées sans réponse. Nous nous sommes tournés à nouveau vers nos experts et avons obtenu des réponses. Voici un exemple de l’une des intéressantes discussions qui ont alors eu lieu – pour voir toutes les questions et leurs réponses, cliquez ici.

Q : Existe‐t‐il des programmes créés pour aider au développement de compétences dans les mécanismes d’autogestion pour les fournisseurs de soins?


Dr Patrick McGowan, Professeur, École de santé publique et de politiques sociales, Université de Victoria (Colombie‐Britannique): Les outils de soutien à l’autogestion sont les stratégies et les techniques auxquelles les professionnels de la santé ont recours avec leurs patients dans le cadre de leur pratique clinique – ce qui est différent du programme en ligne offert aux personnes qui souffrent de maladies chroniques. Une foule d’articles et de brochures traitent du soutien à l’autogestion. L’un des meilleurs documents sur cette question est certainement le récent rapport du Conseil canadien de la santé intitulé Soutien à l’autogestion pour les Canadiens atteints de maladies chroniques : point de mire sur les soins de santé primaires Soutien à l’autogestion pour les Canadiens atteints de maladies chroniques : Point de mire sur les soins de santé primaires. Malheureusement, j’ignore s’il existe de la formation en ligne destinées aux professionnels de la santé.


Dr Peter Sargious, Directeur médical du programme de gestion des maladies chroniques au ministère de la Santé de l’Alberta, Calgary (Alberta) : En Alberta, on trouve un certain nombre de programmes qui visent à aider les fournisseurs de soins à acquérir des compétences en soutien à l’autogestion. La Division provinciale de gestion des maladies chroniques du ministère de la Santé de l’Alberta a créé des modules de formation en ligne, dont CDM 101, qui met l’accent sur le soutien à l’autogestion par la création de relations et de partenariats de collaboration entre patients et fournisseurs. Cette équipe travaille aussi à la mise sur pied d’un projet de « coaching en santé » qui s’amorcera par des projets‐pilotes plus tard cette année. On trouve à l’heure actuelle plus de 45 animateurs du programme Choices and Changes dans la province.



5 novembre 2012

L’externalisation à grande échelle pour l’innovation en santé

Wayne Leung, spécialiste des communications numériques, Conseil canadien de la santé

Il y a quelques semaines, une équipe du Conseil canadien de la santé a participé au séminaire Crowdsourcing for Health Innovation. L’événement, organisé par St. Elizabeth Healthcare, réunissait des spécialistes de la planification des soins de santé, des gestionnaires et des décideurs du secteur de même que des professionnels des communications et d’autres membres de Technorati. L’objectif de ce séminaire était d’explorer le concept de l’externalisation à grande échelle et de voir comment il pourrait s’appliquer aux soins de santé.

On pourrait définir l’externalisation à grande échelle, ou crowdsourcing, comme l’auto-organisation de communautés d’utilisateurs ou de clients en vue de leur participation à la création d’un produit final quelconque. L’encyclopédie en ligne Wikipédia est un bon exemple de ce concept : elle repose uniquement sur le contenu que lui apportent ses utilisateurs.

Les conférenciers lors de cet événement sont de véritables étoiles du monde numérique : il s’agissait de Jeff Howe, professeur de journalisme à l’Université Northeastern, qui a littéralement créé le terme crowdsourcing, et de Rahaf Harfoush, stratégiste numérique qui a notamment travaillé à la première campagne présidentielle de Barack Obama.

L’externalisation est largement utilisée dans toute une variété de secteurs, mais celui de la santé a pris du retard à ce chapitre. Jeff Howe explique cette situation par une « culture de résistance » qui semble prévaloir dans le milieu de la santé et qui nuit à l’innovation.

Les deux conférenciers ont fait part de certains exemples intéressants du domaine de la santé. Monsieur Howe a par exemple parlé de la protéase rétrovirale monomérique utilisée pour la recherche sur le SIDA. On a mis à contribution la communauté des joueurs de jeux vidéo en ligne afin qu’ils trouvent des moyens de « plier » la molécule en respectant un ensemble de contraintes précises. Ces joueurs, qui savent reconnaître et se rappeler des motifs et des dessins, sont ainsi parvenus à trouver une solution en deux semaines.

Rahaf Harfoush a ensuite cité en exemple le consortium Open Source Drug Discovery Program qui permet aux chercheurs de passer outre le secteur pharmaceutique embourbé par les brevets pour la création de nouveaux médicaments.

Jeff Howe a poursuivi en parlant des grandes quantités de données inexploitées présentes dans le système de santé. Les patients ont des connaissances sur leurs symptômes et sur leurs pathologies et cette information n’est ni colligée, ni exploitée. Compte tenu du récent rapport du Conseil canadien de la santé sur la participation des patients à leurs soins de santé, je me demande si l’externalisation à grande échelle pourrait constituer un moyen concret de favoriser la participation des patients.

Le concept d’externalisation à grande échelle recèle un potentiel certain pour le secteur de la santé et j’ai bien hâte de me pencher sur les moyens d’utiliser tout ce potentiel pour notre travail au sein du Conseil canadien de la santé.

1 novembre 2012

La communication des pratiques novatrices


Mark Dobrow, directeur, Analyse et rapports, Conseil canadien de la santé


J’ai assisté à de nombreuses rencontres un peu partout au pays qui traitaient des bons coups, des mauvais coups ou des dérapages de notre système de santé. Et, pendant les rencontres ou conférences des dernières années, il est rare que je n’aie pas entendu quelqu’un dire de manière péjorative : « Le Canada est le pays des études pilotes. »

Honnêtement, je suis de plus en plus lasse d’entendre cette remarque. Je comprends qu’il faut moins d’études et plus de gestes concrets, mais ce chœur de voix qui s’élèvent contre les études pilotes envoie en même temps, bien que sans le vouloir, le message sous-jacent voulant que les tests et l’évaluation des idées novatrices s’avèrent en quelque sorte sous-optimales.

Personnellement, j’encouragerais la mise en œuvre d’un plus grand nombre d’études pilotes d’idées et de pratiques novatrices, mais en même temps je m’attendrais à ce que leurs résultats soient accessibles à tous ceux qui pourraient en bénéficier. Malheureusement, c’est là que le bât blesse au Canada. Nous sommes à l’ère numérique, mais nous n’en tirons pas toujours pleinement parti pour faciliter les échanges d’idées. Étant donné que les pratiques novatrices ne feront pas toutes l’objet d’un article dans une revue spécialisée, si vous contribuez à l’innovation dans ce pays, comment pouvez-vous en informer les autres? Et si vous êtes en quête d’idées novatrices, où allez-vous chercher cette information?

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont souligné ces lacunes, en faisant de la définition des pratiques exemplaires et de la mise en lumière de l’innovation en santé une composante clé du mandat du Conseil canadien de la santé. Le Portail de l'innovation en santé illustre une part importante de nos efforts pour pallier ces lacunes, en rassemblant en un seul endroit tout ce qui a rapport à nos pratiques novatrices en santé. 

Un élément important du Portail de l’innovation en santé est la base de données consultable sur des pratiques novatrices. Cette base de données comprend actuellement plus de 240 pratiques novatrices relatives à une vaste gamme de sujets concernant les soins de santé dans l’ensemble du pays. Nous avons voulu créer un outil de recherche convivial qui vous mènera à des résultats utiles et adaptables à vos besoins.  

Nous prévoyons actualiser régulièrement le Portail de l’innovation en santé et nous comptons grandement sur vos commentaires et vos suggestions pour nous aider dans cette tâche. En effet, ce sont vos contributions à la base de données qui en feront un outil précieux pour le système de soins de santé canadien. Si vous déployez des efforts particuliers pour améliorer les soins de santé dans votre secteur, il faut le faire savoir aux autres.

Veuillez nous faire parvenir l’information détaillée sur vos pratiques novatrices, en nous décrivant les leçons que vous en avez tirées, en nous écrivant à innovation@healthcouncilcanada.ca. Nous les passerons en revue afin de les inclure dans la base de données. Voilà comment nous parviendrons à formuler de meilleures idées afin d’offrir de meilleurs soins de santé au Canada.